Dans quel ordre déguster les fromages d’un plateau ?
Devant un beau plateau, le premier réflexe est de foncer sur son fromage préféré. C’est humain, mais parfois dommage. Car l’ordre dans lequel on déguste les fromages change tout : bien mené, il fait monter les saveurs en puissance et laisse chaque fromage s’exprimer. Voici comment procéder, avec trois approches à choisir selon votre envie.
Le principe de base : du plus doux au plus fort
C’est la règle la plus connue et la plus simple à appliquer. L’idée est de monter crescendo sur l’échelle des saveurs, en commençant par les fromages délicats et en finissant par les plus intenses. Un palais frais perçoit d’abord toutes les nuances des fromages doux, alors qu’un fromage puissant goûté en premier saturerait les papilles et masquerait ce qui suit. Ce principe est le même que celui expliqué dans notre guide de la dégustation d’un fromage, à retrouver pour aller plus loin sur les gestes précis.
Concrètement, débutez par les fromages aux arômes discrets : un chèvre frais, une jeune tomme de brebis ou un chaource tendre et légèrement acidulé. Poursuivez avec les pâtes molles à croûte fleurie encore peu affinées, comme un brie ou un camembert. Enchaînez sur les pâtes pressées, cuites ou non, du type comté, beaufort ou saint-nectaire, aux arômes plus persistants. Gardez pour la fin les fromages les plus typés : les pâtes molles à croûte lavée comme le maroilles ou le munster, et les bleus de caractère comme le roquefort.
L’approche par origine du lait
Autre méthode tout aussi pertinente, organiser la dégustation selon l’animal dont provient le lait. Les fromages au lait de vache, plus consensuels et généralement plus doux en bouche, ouvrent les festivités. Viennent ensuite les fromages de brebis, dont les saveurs acidulées rafraîchissent agréablement le palais. On termine par les fromages de chèvre, au goût parfois plus corsé et affirmé.
Un conseil entre chaque famille : buvez une gorgée ou mangez un peu de pain pour vous refaire le palais. Cela évite que les saveurs se mélangent et vous permet d’aborder chaque fromage avec la même fraîcheur.
L’approche par grande famille de fromage
Vous pouvez aussi oublier l’origine du lait et regrouper vos fromages par familles technologiques. On explore alors successivement les fromages frais, les croûtes fleuries blanches, les tommes, les croûtes lavées orangées, les pâtes pressées cuites type gruyère, puis les bleus. Cette progression met en lumière les nuances et la personnalité de chaque catégorie, selon l’origine du lait et la provenance géographique. C’est une belle façon de comprendre ce qui distingue des fromages parfois cousins. Pour composer un beau plateau avant même de choisir l’ordre, notre article sur la meilleure planche apéro reste une lecture utile.
Et si on gardait le meilleur pour la fin ?
La théorie est une chose, l’envie en est une autre. Si vous êtes un inconditionnel du saint-nectaire fermier, du beaufort ou du mothais-sur-feuille, rien ne vous interdit de garder votre favori pour le bouquet final. Veillez simplement à avoir encore un peu d’appétit pour en profiter pleinement. Certains préfèrent même attaquer directement par leur préféré : après tout, l’amour des bons produits a ses raisons que la raison ne connaît pas.
Un dernier rappel avant de vous lancer
Quel que soit l’ordre choisi, un détail conditionne toute la dégustation : la température. Un bon fromage ne se mange pas froid. Sortez vos fromages du réfrigérateur au moins trente minutes à une heure avant de servir, afin qu’ils reviennent à température ambiante et libèrent tous leurs arômes.
Pour guider vos invités, disposez les fromages en cercle, du plus doux au plus fort, et amorcez la découpe de chacun : c’est une façon discrète d’indiquer le sens de dégustation. Le reste n’est plus qu’une question de plaisir.
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